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« Polina, danser sa vie » : une danseuse prend la tangente au cinéma

L’avis du « Monde » – à voir Au bout du compte, Angelin Preljocaj et Valérie Müller n’auront pas gardé grand-chose de Polina. Le roman graphique de Bastien Vivès, succès de librairie de l’année 2011, que le producteur Didier Creste leur a un jour proposé d’adapter, aura été une base, pas un modèle. Ils en ont conservé le titre, en l’étoffant de ce commentaire programmatique, « danser sa vie ». Ils en ont repris la trame : les années de formation d’une jeune ballerine qui décide, alors qu’elle est sur le point de devenir danseuse étoile, de prendre la tangente pour rejoindre le monde libre de la danse contemporaine. Et quelques éléments ici et là, en particulier le caractère de ce personnage, buté et rebelle, qui les avait séduits. Lire l’enquête :   Chorégraphes et ballerines se bousculent sur les écrans Le reste leur appartient. Construit comme une succession de tableaux qui voient filer la jeune Polina vers son destin, le film invente un langage propre qui passe par les corps, par la danse, par les regards. Renouant avec la grande tradition de la comédie musicale hollywoodienne classique, avec des scènes dansées qui prennent littéralement en charge le récit, il brouille volontairement les frontières entre la danse et la vie. La trame narrative,« Polina, danser sa vie » – une danseuse prend la tangente au cinéma, simple, linéaire, est celle d’un conte de fées moderne – et féministe en un sens,lunette de soleil homme tom ford, puisque, en s’émancipant du milieu corseté de la danse classique, la jeune femme décide de devenir chorégraphe. Hybrider la danse et le cinéma, confronter leurs sensibilités, fusionner leurs expériences, chercher une alchimie En même temps, elle s’inscrit dans un contexte très réaliste. Depuis sa Russie natale, où sa famille se saigne pour financer ses cours de danse, jusqu’aux rues mouillées d’Anvers où Polina trouve sa voie après une escale au doux soleil d’Aix-en-Provence, son parcours évoque celui de nombreux danseurs d’aujourd’hui. « Ils sont nombreux à venir de milieux très pauvres, note Valérie Müller. Et cela se comprend. Comme Angelin le dit souvent, quand on n’a rien,ray ban new wayfarer, on a toujours un corps avec lequel on peut travailler, exprimer sa vocation artistique. Quant à cette traversée de l’Europe, elle reflète le parcours professionnel de la plupart de ces jeunes gens. » Unis à la ville, le chorégraphe et la réalisatrice (on lui doit un long-métrage de fiction, Le Monde de Fred, sorti en 2014, et des documentaires pour la télévision, notamment un sur Angelin Preljocaj) ont embrassé ce projet avec le désir de réaliser ensemble un « film qui danse ». Hybrider la danse et le cinéma,lunette dior femme, confronter leurs sensibilités, fusionner leurs expériences, chercher une alchimie. Au risque de l’impureté, mais avec cette conviction qui est à la fois propre à la danse et au cinéma, que le mouvement exprime la vie dans son essence, dans sa vérité. Magnifique travail de cadre Dans Polina, on danse partout,film a voir gratuit, tout le temps. On danse pendant les cours,lunette de soleil persol prix, on danse sur scène, en boîte de nuit. On danse à la maison, dans la chaleur du foyer, au son de vieux chants russes traditionnels. On danse dans la forêt enneigée, la nuit, après une journée d’entraînement où on s’est senti pousser des ailes, entre les barres d’immeubles anthracite dont les fenêtres s’habillent d’un coup de touches de couleur vive. « Il y a cette idée que tout nourrit le parcours du personnage, y compris l’architecture dans laquelle elle grandit, y compris la nature, soutient Valérie Müller. C’est pour cela, pour pouvoir inscrire les mouvements de la danse dans les décors, que nous avons choisi de travailler en scope. Pour les scènes de répétition,« Polina, danser sa vie » – une danseuse prend la tangente au cinéma, on filmait différemment : plus serré,« Polina, danser sa vie » – une danseuse prend la tangente au cinéma, à l’épaule. Pour le duo final encore autrement, avec une grue. » Les dialogues viennent affiner,« Polina, danser sa vie » – une danseuse prend la tangente au cinéma, étoffer les situations, comme le font les accessoires, ou l’ambiance musicale. Mais la construction du personnage, sa personnalité, son désir, ses conflits,« Polina, danser sa vie » – une danseuse prend la tangente au cinéma, son évolution, passent par la danse – les mouvements des acteurs, chorégraphiés par Preljocaj, exaltés par un magnifique travail de cadre, de couleur,« Polina, danser sa vie » – une danseuse prend la tangente au cinéma, de lumière, et par un montage expressif. « Je pense profondément que le corps porte l’être »,« Polina, danser sa vie » – une danseuse prend la tangente au cinéma, soutient Angelin Preljocaj,adidas yeezy boost 350 prix, justifiant ainsi le fait d’avoir choisi des acteurs sachant danser. Juliette Binoche notamment, qui danse quotidiennement dans le cadre de sa discipline d’actrice – elle a notamment participé à un ballet pour Akram Khan –, pour le rôle de la chorégraphe qui, à Aix-en-Provence, initie Polina à la danse contemporaine. Ou Niels Schneider, qui n’avait jamais dansé, mais que le chorégraphe a formé en l’intégrant, en 2015, à un spectacle qui réunissait des amateurs et des professionnels. Traquer la vérité des acteurs dans leurs mouvements, pour en nourrir les personnages Traquer la vérité des acteurs dans leurs mouvements, pour en nourrir les personnages. C’est avec cette croyance, la conviction qu’ils pourraient ainsi toucher à la grâce, qu’ont travaillé Preljocaj et Müller. Aux antipodes de Black Swan, de Darren Aronofsky, par exemple, où Natalie Portman fut souvent doublée, ils rêvaient aux pas aériens de Fred Astaire et Ginger Rogers. Pour jouer Polina, il leur fallait donc une danseuse capable de dompter la caméra et de jouer la comédie. Ce qui ne court pas les rues ni les castings. Ils l’ont cherchée longtemps, d’abord en France, sans succès,« Polina, danser sa vie » – une danseuse prend la tangente au cinéma,lunette 3d samsung, puis en Russie, où ils ont auditionné pas moins de six cents danseuses. Mais leur persévérance a porté ses fruits au-delà de leurs espérances. Elève de la prestigieuse académie de ballet Vaganova de Saint-Pétersbourg – elle a depuis intégré la troupe du Mariinski –, Anastasia Shevtsova les a sidérés. Entre la préparation et le tournage, cette jeune femme dont l’aura magnétise littéralement le film a comme fusionné avec son personnage. Apprenant le français aussi vite que Polina, elle pense aujourd’hui, comme elle, faire de la danse contemporaine et devenir chorégraphe. Et pourquoi pas, aussi, à continuer le cinéma. Film français d’Angelin Preljocaj et Valérie Müller avec Anastasia Shevtsova, Niels Schneider, Juliette Binoche (1 h 48). Sur le Web : http://www.ugc.fr/film.html?id=11244 Isabelle Regnier Journaliste culture, critique de cinéma Suivre Aller sur la page de ce journaliste Suivre ce journaliste sur twitter

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